L’Agence Française de Développement (AFD), la Fondation Bill & Melinda Gates et la Banque Mondiale co-organisent un « Forum des Innovations Financières pour le développement », qui se tiendra les 4 et 5 mars 2010 au Centre des Conférences de la Cité des Sciences et de l’Industrie (la Villette), Paris, France.
Cet événement vise à mettre en lumière et promouvoir de nouvelles idées de mécanismes financiers contribuant à mieux répondre aux défis du développement au niveau global, régional ou local. L’objectif général est d’aboutir à des projets réussis ayant des perspectives d’extension à grande échelle.
Il réunira des praticiens du développement, des donateurs, des philanthropes, des entrepreneurs sociaux, des intellectuels, des représentants de nombreux établissements financiers et des décideurs pour échanger leurs expériences et leurs idées en matière d'innovations financières pour le développement.
Articulé autour d'un appel à idées soutenu par un concours.
Il s'articulera autour d’un concours, de conférences, d'ateliers et d'un salon où seront exposés des initiatives et des projets innovants.
Faire avancer l’action et la réflexion sur le sujet
Trois objectifs
– Faire progresser l'action et la réflexion sur les innovations financières pour le développement ;
– Faciliter le partage des connaissances et les retours d’expériences, et notamment le transfert de savoir-faire « Sud / Sud ». Il s’agira également d’étudier les approches les plus efficaces en termes d’impact et d’efficience ;
– Encourager l’émergence de mécanismes financiers innovants pour résoudre les défis du développement à différentes échelles.
Plus en détail
Le MIF offrira aux participants des espaces destinés à la présentation d'initiatives, à la mise en réseau, aux échanges d’idées ainsi qu'aux débats politiques et autres sur des perspectives concrètes d’utilisation intensive de techniques innovantes de financement du développement.
Une des principales composantes de cet événement est le concours lancé en amont du MIF ayant pour thème les solutions de financement innovantes à des problèmes concrets de développement. Les vingt finalistes seront invités à présenter leurs propositions lors du MIF, et cinq prix de 100.000$ chacun seront décernés aux meilleurs projets.
Les finalistes seront invités au Forum des Innovations Financières pour le Développement, à la Cité des Sciences et de l'Industrie, à Paris, les 4 et 5 Mars 2010, pour présenter leurs projets devant un jury international. Cinq prix pouvant atteindre 100.000 US $ seront décernés aux gagnants.
1 Exemple de projet
Atténuer la volatilité et améliorer l’efficacité des finances du secteur public
La gestion des risques affectant les efforts de développement, les pays en développement font face à de réels risques d’imprévisibilité des flux de capitaux, qui peuvent affecter la planification budgétaire à long terme et les investissements. Des chocs de prix sur les matières premières ou des catastrophes naturelles peuvent soudainement épuiser la principale source de revenus d’un gouvernement au moment même où les citoyens ont le plus besoin d’aide. L’aide au développement peut fluctuer d’une année sur l’autre ou ne pas être assez flexible pour s’adapter à des besoins changeants. Les gouvernements n’ont souvent que peu de marge de manœuvre pour lutter contre la volatilité des flux financiers au niveau national. A titre d’illustration, les pays des Caraïbes ont élaboré un mécanisme régional d’assurance des risques de catastrophes. Le Malawi a mobilisé des instruments dérivés de « finance climat » pour aider à gérer les effets du climat sur la production agricole et la sécurité alimentaire. Ces instruments dérivés offrent aux agriculteurs une assurance contre les risques de sécheresse. Plusieurs pays -pour la plupart des pays à revenus intermédiaires-, ont piloté des programmes innovants visant à gérer les chocs macroéconomiques. Ceux-ci incluent l’utilisation d’obligations indexées sur le PIB, sur le prix de matières premières ou sur l’inflation; des prêts contracycliques dont les conditions (échéance, différés de remboursement ou taux d’intérêt) sont ajustables en cas de chocs sur les exportations ; des obligations en monnaie locale; ou des swaps de devises. Le Mexique et la Colombie, pour ne citer que deux exemples, ont eu recours à des stratégies comme la gestion actif-passif, la couverture du prix des matières premières, les financements en monnaie locale et les financements conditionnels pour tempérer les effets de la crise financière actuelle.
Le MIF 2010 appelle à des propositions de projet qui permettraient aux gouvernements ou aux entités publiques de se couvrir contre des risques spécifiques et contre la volatilité des marchés, par l’utilisation d’instruments financiers innovants, comme par exemple des instruments spécifiques de dette, de garantie, d’assurance ou de contrats à terme. Objectif
Les propositions de projets dans ce domaine pourraient porter sur l’utilisation de mécanismes de financement innovants améliorant les incitations des entités publiques à atteindre des résultats de développement, en particulier pour les programmes destinés aux pauvres.
2 Exemple de projet
Encourager les investissements des entreprises et pour les entreprises et le secteur privé
Les investissements du secteur privé jouent un rôle important dans les économies en développement, en fournissant des biens et services essentiels et en stimulant la croissance. Cependant, les entreprises opérant dans les pays en développement doivent souvent faire face à des obstacles majeurs pour financer leurs activités. Ce constat concerne différentes catégories d’acteurs : les petites et moyennes entreprises (PME), le grandes entreprises, le secteur de l’entreprenariat social et les entreprises à but non-lucratif, les organisations communautaires et ONG locales. Les entreprises du nord sont souvent peu incitées à investir dans des produits dont la demande est limitée aux pays en développement - par exemple, les vaccins contre les maladies.
Des instruments financiers « sur mesure » peuvent inciter à la production de résultats de développement par le secteur privé, par exemple par le biais de fonds de capital (fonds « equity ») adaptés, de mécanismes d’assurance ou de garantie.
Le récent projet pilote de garantie de marché AMC (Advanced Market Mechanism) pour les maladies à pneumocoques constitue un exemple de mécanisme répondant à ce type de défis à un niveau global. Son objectif est de traiter une défaillance de marché : la réticence de l’industrie pharmaceutique à développer et à produire des vaccins contre des maladies qui touchent principalement les populations des pays pauvres. Le mécanisme AMC a été spécifiquement conçu pour accélérer la création d’un marché viable : les entreprises pharmaceutiques reçoivent un engagement financier à subventionner les achats futurs de vaccins nécessaires aux pays pauvres. Il est financé par des subventions à long terme par des donateurs, dont la mobilisation fait l’objet d’une garantie de la BIRD. Il ne concerne que des vaccins répondant aux besoins des pays en développement et est un mécanisme explicitement approprié par ces derniers.
Autre exemple : le récent Africa Health Fund (Fonds pour la Santé en Afrique), mis en place grâce à des dons d’institutions philanthropiques ou des agences d’aide. Ce fond offre de nouvelles sources de capitaux à des PME du domaine de la santé visant les populations pauvres d’Afrique Sub-Saharienne. La rémunération des gestionnaires du fonds est indexée sur un double critère : le rendement financier du fonds et des critères de performance des entreprises bénéficiant des financements en matière d’atteinte des populations pauvres. Objectif
Les propositions sur ce thème pourraient porter sur des instruments financiers incitant les entreprises à fournir des biens et des services aux populations pauvres et sécurisant les acteurs privés qui investissent dans des environnements politiques risqués, par exemple via l'utilisation de garanties.
3 Exemple de projet
Améliorer les conditions de vie des ménages les plus pauvres
Des revenus imprévisibles et irréguliers, combinés à de faibles filets de sécurité permettant de faire face aux aléas, font partie des difficultés auxquelles sont soumis les ménages pauvres. De nombreux ménages peinent ainsi à disposer de liquidités suffisantes pour pourvoir à leurs besoins les plus importants, qu’il s’agisse de besoins quotidiens tels que la nourriture et le logement, de dépenses pour l’éducation des enfants, de besoins d’investissements dans des activités productives, ou encore pour gérer le quotidien en cas de maladie ou après une catastrophe naturelle. L’Organisation Mondiale de la Santé estime qu’au niveau mondial des problèmes de santé entraînent jusqu’à 5 % des familles dans la pauvreté chaque année. Améliorer la prévisibilité des revenus et la capacité des ménages à gérer leurs ressources financières, atténuer les risques liés aux dépenses imprévues, peuvent aider à réduire la volatilité des flux de trésorerie des ménages. Cette dimension est tout aussi critique pour les ménages, et les entreprises que pour le secteur public.
Ces dernières années, l’essor de la microfinance et l’émergence de la microassurance ont permis de mieux protéger les ménages les plus pauvres des chocs de revenus et d’améliorer leur accès au financement. Des initiatives ont été mises en place pour faciliter les flux et réduire le coût des transferts financiers, y compris des transferts des migrants.
Objectif
Les propositions de projets dans ce domaine pourraient viser la mise à disposition de produits financiers de qualité, peu onéreux et accessibles, afin d’aider les ménages ou les activités économiques familiales du secteur agricole et informel à faire face à une baisse soudaine des revenus suite à une chute de prix, un décès, un accident, une sécheresse, une inondation, ou tout autre évènement imprévu. Il pourrait donc s’agir, en pratique, de mécanismes financiers visant à diminuer les risques encourus par les ménages ou les individus situés à la « base de la pyramide. »
Remarques importantes– Les exemples ci-dessus ne doivent pas être considérés comme définissant ou limitant le champ des soumissions possibles pour le concours. Ils ne sont donnés qu’à titre indicatif.
Les catégories ci-dessus sont volontairement organisées autour de problèmes que les propositions doivent chercher à résoudre. Elles ne définissent en rien les acteurs qui doivent être impliqués dans le projet. Par exemple, les solutions applicables aux problèmes du secteur public correspondant au thème (1) peuvent très bien concerner des acteurs du secteur privé (tels que des banques ou des compagnies d’assurance
www.afd.fr
www.worldbank.org
www.gatesfoundation.org
Inscriptions : www.fininnov.org
Mis à jour (Mardi, 23 Février 2010 03:56)


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